Hospitality Management

Taux d'occupation des bureaux : ce que disent les repères publiés, et ce qu'ils ne voient pas

15 octobre 2026 Olivier Villeneuve 7 min de lecture
Plateau de bureaux lumineux et peu occupé : deux personnes au fond, salle de réunion vitrée vide et coin café

Le taux d'occupation des bureaux mesure la part des postes ou des surfaces réellement utilisés. Les chiffres publiés vont de 42 % à 111 % selon la source, parce que chacun mesure une chose différente. Cet article réunit les repères de Savills, JLL, CBRE, du British Council for Offices et d'une étude française, précise ce que chaque chiffre mesure, puis montre ce qu'un taux ne dit pas : l'état des services que les occupants trouvent sur place.

Taux d'occupation, d'utilisation, de foisonnement, de vacance : quatre mesures différentes

Les quatre termes sont souvent employés l'un pour l'autre. Ils décrivent pourtant des choses distinctes, et la confusion explique une partie des écarts entre les études.

Quatre définitions

Taux d'occupation : part des postes ou des surfaces occupés à un instant donné.

Taux d'utilisation : fréquence d'usage d'un poste ou d'une salle sur une période, par exemple une semaine.

Taux de foisonnement : rapport entre le nombre de postes et le nombre de salariés, quand les postes sont partagés.

Taux de vacance : part des surfaces de bureaux sans locataire sur un marché. Il décrit le marché, pas l'usage.

Les sources citées plus bas emploient « occupation » ou « utilisation » selon les cas. Quand le sens n'est pas précisé dans la source, cet article reprend son vocabulaire.

Quels repères publiés pour le taux d'occupation des bureaux ?

Les grands cabinets d'immobilier d'entreprise et les organismes professionnels publient régulièrement des mesures. Voici celles dont la source a pu être consultée, avec leur date.

Repères publiés sur l'occupation des bureaux

Sources : Savills ; Workplace Insight, à propos du rapport du British Council for Offices ; Fit-Out Awards, à propos du rapport JLL ; GlobeSt, à propos de CBRE ; MySweetImmo, à propos de Knight Frank et Z#BRE.

Les chiffres JLL et CBRE sont cités d'après des relais de presse, pas d'après les rapports eux-mêmes. Il faut les lire comme des ordres de grandeur.

Pourquoi ces chiffres ne se comparent pas

Entre 42 % et 111 %, l'écart ne vient pas seulement des bureaux. Il vient de ce que chaque étude compte.

Et en France ?

Parmi les sources consultées pour cet article, aucune ne fournit un taux d'occupation national mesuré pour les bureaux français. Deux données aident à situer le sujet, sans le résoudre.

La première est celle de Knight Frank et Z#BRE : 42 % d'occupation moyenne sur environ 100 000 m² d'un groupe de transport, mesurés par 3 500 capteurs. Les auteurs parlent de « vacance invisible » : des bureaux loués, donc absents des statistiques de vacance, mais peu utilisés. La réserve est double : il s'agit d'un seul groupe, la période de mesure n'est pas précisée, et l'étude accompagne une offre technologique.

La seconde est la vacance. Fin 2025, l'Île-de-France comptait environ 6,2 millions de m² de bureaux vacants, soit plus de 10 % du parc, d'après les données d'Immostat relayées par l'AFP le 9 janvier 2026. Ce chiffre mesure des surfaces sans locataire. Il ne dit rien de l'usage des surfaces louées.

Ce qu'un taux d'occupation ne dit pas

Un bureau occupé n'est pas un bureau utilisé comme il a été conçu. Un taux compte des présences. Il ne dit pas si la restauration annoncée ouvre, si les salles de réunion se réservent facilement, si l'accueil répond à ce qui est affiché.

Excellence Tertiaire observe cet écart sur le terrain. Sur 61 immeubles visités, 23 % des services annoncés ne sont pas activés. Un taux d'occupation bas a donc plusieurs explications possibles : la politique de télétravail, la localisation, mais aussi un service qui n'existe que sur la plaquette. Un capteur signale qu'une salle reste vide, pas pourquoi. C'est le même constat que dans la création d'une expérience occupant et dans l'hospitalité active des immeubles de bureaux : l'usage dépend de ce que le locataire vit sur place.

Avant de réduire des surfaces

Un taux d'occupation faible justifie une question, pas une décision. Vérifier d'abord quels services sont réellement disponibles, à quelles heures, et si les occupants peuvent les utiliser.

Comment mesurer le taux d'occupation sans équipement lourd

Une première mesure ne demande pas de capteurs. Cinq étapes suffisent pour obtenir un point de départ.

  1. Définir ce qu'on mesure : des postes ou des salles, à un instant donné ou sur une période.
  2. Compter à heures fixes : un passage le matin, un l'après-midi, sur plusieurs jours dont le mardi, le mercredi et le jeudi.
  3. Croiser avec les données disponibles : badges, réservations de salles, consommations.
  4. Relever les services en place : ce qui est annoncé, ce qui fonctionne, ce qui est accessible.
  5. Comparer avec l'objectif de la direction : l'écart entre l'usage réel et l'usage visé est la donnée utile.

Le rapport britannique suit cette logique de recoupement : capteurs, observation et badges ensemble donnent une image plus fiable qu'une seule source.

Questions fréquentes sur le taux d'occupation des bureaux

Qu'est-ce que le taux d'occupation des bureaux ?

Le taux d'occupation des bureaux est la part des postes ou des surfaces effectivement occupés à un instant donné. Il se distingue du taux d'utilisation, qui mesure la fréquence d'usage sur une période, et du taux de vacance, qui décrit les surfaces sans locataire sur un marché.

Quel est le taux d'occupation moyen des bureaux ?

Il n'existe pas de chiffre unique. Savills relevait 60 % en moyenne en Europe en octobre 2024, le British Council for Offices retient 66 % au Royaume-Uni, JLL rapporte 56 % dans le monde pour 2026 selon un relais de presse, et une mesure par capteurs sur un groupe français donne 42 %. Chaque chiffre dépend de la définition et de la méthode.

Quelle différence entre taux d'occupation et taux de vacance ?

Le taux d'occupation mesure l'usage d'un bureau par les salariés. Le taux de vacance mesure la part de surfaces sans locataire. Un immeuble loué à 100 % peut avoir un taux d'occupation faible, c'est ce qu'on appelle parfois la vacance invisible.

Comment calculer le taux d'occupation d'un bureau ?

On divise le nombre de postes ou de salles occupés par le nombre disponible, à des heures fixes, sur plusieurs jours. Un comptage manuel suffit pour une première mesure, que l'on peut croiser avec les badges, les réservations ou des capteurs.

Un taux d'occupation faible veut-il dire que les bureaux sont trop grands ?

Pas nécessairement. Un taux bas peut venir de la politique de télétravail, mais aussi d'un service annoncé qui ne fonctionne pas, comme une restauration fermée ou une salle de réunion difficile à réserver. Il faut observer les usages avant de réduire les surfaces.

Sources des repères : Savills (octobre 2024), British Council for Offices via Workplace Insight (juillet 2025), JLL (mai 2026) et CBRE (janvier 2026) via la presse spécialisée, Knight Frank et Z#BRE (septembre 2025), Immostat via l'AFP (janvier 2026).

Un taux d'occupation qui vous interroge ?

Excellence Tertiaire visite des immeubles et observe ce que les locataires vivent réellement. Si votre taux d'occupation est faible, nous pouvons regarder sur place ce qui explique l'écart.

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